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Marie-Louise Giraud, faiseuse d'anges...

Le 5 avril 1971, les 343 "salopes" publiaient leur manifeste, signé par Simone de Beauvoir dans le Nouvel Obs, dans lequel elles déclaraient avoir eu recours à l'avortement, et revendiquaient pour toutes ce droit.
Mais ce n'est pas d'elles dont j'ai envie de vous parler. C'est ça aussi, la Contre-Histoire...

Les femmes qui ont signé ce manifeste risquaient effectivement des poursuites pénales.

Comme, un an plus tard, la jeune Marie-Claire, âgée de 15 ans, qui fut traduite devant le tribunal de Bobigny, défendue par Gisèle Halimi... Hospitalisée pour une hémorragie, après un avortement clandestin, elle fut dénoncée par son violeur. Certes, elle aurait pu avorter dans de bien meilleures conditions : le gynécologue qui a confirmé sa grossesse avait proposé de le pratiquer... pour 4500 francs, soit 3 mois de salaire de sa mère.

C'est ça aussi, la lutte pour le droit à l'avortement : Des femmes de toutes conditions, de tous horizons, des médecins courageux, d'autres peu scrupuleux, des délateurs, des faiseuses d'anges... mais toujours de la détresse, et plus encore pour les femmes qui n'avaient que les aiguilles à tricoter comme seule solution, et qui en mourraient, d'une hémorragie ou d'une septicémie.

Marie-Louise Giraud, sur cette photo, n'est pas morte le ventre déchiré par une faiseuse d'ange, elle était une faiseuse d'ange.
Et c'est la tête tranchée qu'elle est morte, guillotinée le 30 juillet 1943, par le régime de Vichy.

Née pauvre, successivement domestique, femme de ménage, blanchisseuse, elle met ses compétences particulières au service des autres femmes. Elle n'est pas non plus un parangon de vertu, Marie-Louise, et, en effet, elle tire quelques profits de ses activités, un phonographe, de l'argent, jusqu'à ce qu'une de ses patientes en meure...
Point n'est besoin de refaire le procès. Vichy s'est chargé de la faire passer pour un monstre immoral. Elle fut jugée par un tribunal d'exception, le régime considérant qu'un jury serait assurément trop indulgent.

Pendant que le régime de Vichy fait monter dans des wagons des enfants en vie pour les emmener vers la mort, il condamne cette femme à mort, pour le meurtre d'enfants non nés encore.

Tag(s) : #Féminisme

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