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Le 3 avril 1675, à Rennes, la révolte gronde.

L'Ancien Régime n'est pas un long fleuve tranquille, fait de soumission et de passivité face à l'ordre féodal et à la centralisation du pouvoir monarchique.
Dès le Moyen Age, les révoltes sont communes, et réprimées de façon sanglante.

Le 3 avril 1675, à Rennes, la révolte gronde.
Les émeutiers s’en prennent à deux immeubles du Champ Jacquet où ils enfoncent portes et fenêtres, pillent et emportent tout le tabac, mais aussi le vin, le cidre et brûlent les cahiers et registres du greffe.
Ils vont ensuite au Parlement où ils rompent toutes les presses du papier timbré puis pillent tout le papier et le parchemin timbré. La répression est immédiate: Plus de 12 émeutiers sont tués et 50 blessés.

C'est une mesure fiscale qui provoque cette colère, dans tout l'ouest du royaume.
La Révolte du Papier Timbré, appelée Révolte des Bonnets Rouges en Bretagne, est causée par la hausse des taxes sur le papier timbré, indispensable à la validation des actes officiels - état civil, testaments -sans consultation des Etats de Bretagne ...
C'est également la vente de tabac qui devient monopole royal, interrompant la distribution, le temps de la réorganisation des circuits de vente... Enfin une autre taxe frappe tous les objets en étain, ce qui provoque la colère des cabaretiers, notamment. Les roturiers, tenant un fief noble, sont également sommés de payer une lourde taxe, tous les 20 ans.

La guerre de Hollande, menée par Louis XIV coûte cher...

On l'appelle aussi Révolte des Torreben, " Casse lui la tête ! "... ce qui révèle la... détermination de nos amis bretons.
La situation économique en Bretagne est désastreuse, cette année là. Les disettes succèdent aux épidémies.

Et cette révolte est menée, généralement par les femmes !
Leur situation n'a cessé de se dégrader, au cours de la décennie précédente, et leurs droits sont remis en cause de façon systématique. En Bretagne, où leur place dans la société est traditionnellement très importante, les limitations appliquées à leur statut déplaisent particulièrement.
Ce sont les plus humbles qui sont les plus touchés par cette taxe nouvelle. Les émeutes commencent fin mars, à Bordeaux. Puis Rennes et Nantes se soulèvent en avril. Puis Saint-Malo rejoint l'insurrection... puis Guingamp, Fougères, Morlaix, Dinan...

Les troupes royales interviennent en juin. Leur logement chez l'habitant, à Nantes, pourtant exemptée de cette obligation, ravive la colère des Nantais.
Le château du gouverneur de Bretagne, le duc de Chaulnes, que les bretons appellent an hoc'h lart, le gros cochon, est humilié et doit céder.
L'évêque est pris en otage, pour être échangé contre une émeutière arrêtée par les troupes royales.

Et les campagnes entrent dans la danse. Comme une traînée de poudre, la révolte se propage en Basse-Bretagne, en juin et juillet. Les paysans s'emparent des villes,
Les villageois molestent leur seigneur, les actes de propriétés sont brûlés, Carhaix et Pontivy, dans le Poher, sont attaquées et pillées.
Jusqu'en septembre 1675, les Bonnets Rouges tiennent en respect les troupes royales.

Malgré l'essoufflement du mouvement, après la mort d'un de ses meneurs, Sébastien Le Balp, les seigneurs sont contraints d'accepter l'abandon de certaines taxes.
Et surtout, les Codes Paysans fleurissent un peu partout. On en dénombre huit.
Ils préfigurent les Cahiers de Doléance, et demandent la représentation des paysans aux Etats de Bretagne, l'abolition des corvées et du champart, la fin des abus de la justice seigneuriale et des taxes royales excessives.

La répression s'abat alors sur la Bretagne : pendaisons, galères, tortures... Toutes les pratiques habituelles de la noblesse, depuis le Moyen Age... Le bilan est difficile à établir, d'autant que le roi ordonne la destruction de toutes les archives judiciaires concernant l'écrasement de la révolte.
Les Bretons doivent satisfaire eux-même aux besoins des 20 000 hommes de Louis XIV, chargés de la répression...
Les Etats de Bretagne sont réduits au silence.

Et naturellement, l'avis des historiens reste partagé sur la question; les mauvaises langues diront que leurs propres opinions influent sur le résultat de leurs travaux. L’historien soviétique Boris Porchnev y voit un temps fort de la lutte des classes dans l'Ancien Régime, autant qu'une manifestation du patriotisme breton, et également le problème des minorités nationales ainsi que les prémices de 1789... D'autres ne considèrent cette Révolte du Papier Timbré que comme une révolte fiscale.


En tout cas, En Basse-Bretagne, les zones de révolte sont celles qui seront favorables aux Bleus lors de la Révolution française, et qui connaîtront la crise la plus importante des vocations religieuses au XIX° siècle. Elles correspondent également à l'espace du «communisme rural breton », ainsi qu'aux zones où la langue bretonne demeure la plus vivante...

(Les Anglais auraient du penser, d'ailleurs, un siècle plus tard, qu'augmenter l'impôt sur les timbres officiels, dans les colonies britanniques d'Amérique du Nord, le Stamp Act, allait mettre le feu aux poudres de l'insurrection américaine... mais c'est une autre histoire !)

(illustration n'ayant rien à voir avec le sujet)

CHALETTE Jean Bernard, Allégorie de la Révolte du Papier Timbré, tableau exposé au Musée des Beaux Arts de Rennes. Image téléchargée sur http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr

CHALETTE Jean Bernard, Allégorie de la Révolte du Papier Timbré, tableau exposé au Musée des Beaux Arts de Rennes. Image téléchargée sur http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr

" Changement de doctrine à l’agence photographique de la Réunion des Musées Nationaux. Dans une récente émission diffusée sur France Culture, Jean-Paul Bessières-Orsoni a déclaré que l’agence qu’il dirige autorisait toute utilisation non commerciale, et en tout cas privée des photographies qu’elle diffuse sur son site Internet. Alors que ce site est équipé d’un système de paiement essentiellement destiné aux professionnels, il semble bien qu’il soit possible pour un internaute d’afficher sur son blog personnel quelques une des 350 000 reproductions photographiques des oeuvres exposées dans les musées nationaux, de manière totalement libre.

L’information n’est pas négligeable, remarque André Gunthert, chercheur à l’EHESS, sur le blog du Laboratoire d’Histoire Visuelle Contemporaine. Même s’il ne s’agit pas d’une politique aussi libérale que celle qui est pratiquée aux Etat-Unis pour les productions financées sur fonds fédraux, il est clair que la RMN, habituellement perçue comme un acteur plutôt privatif et peu partageur sur la question des droits liées aux photographies des oeuvres conservées par les musées publics, entamerait là une évolution remarquable.

Rest que pour le moment rien n’a changé sur le site de l’agence photographique de la RMN, dont les conditions générales d’utilisation ne renvoient pas directement à cette fameuse notion d’usage non commercial. Gageons que d’ici peu, l’Agence mettra ses textes en accord avec les fortes annonces de son directeur. "

En revanche, s'emparer de la photographie d'une oeuvre du domaine public, l'estampiller d'un copyright, modifiant ainsi la prise de vue originale, dont les droits appartiennent aux musées nationaux, sous prétexte qu'on en a modifié les couleurs, semble très fantaisiste, sauf si cette photographie est personnelle, et non collectée sur un site internet, et témoigne du peu de respect pour le bien commun. Ce que dit la loi est simple : c'est qu'il ne peut exister de copyright dans le cas du domaine public. Tout usage contraire est un abus.

http://www.homo-numericus.net/breve831.html

Tag(s) : #Luttes, #Insurrection, #Révolte, #Répression

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