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L'honneur des Gueules Noires

" Ah, la prison de Béthune ! Quelle atmosphère y régnait ! Nous étions 600 mineurs, la prison était pleine à craquer à ne pas pouvoir y mettre les bandits et les voyous. Nous étions devenus les maîtres des lieux.
Avec les lames de ressorts de nos lits, on ouvrait toutes les cellules. On se baladait chez l'un, chez l'autre. Le soir, on se trouvait nombreux dans les cellules où les gardiens ne pensaient pas nous trouver. Nous organisions des cours, des écoles syndicales. Nous ne faisions que regonfler le moral des avocats qui devaient nous défendre. Nous étions peut-être en prison, mais dans la prison, nous étions devenus libres. Ça bruissait et ça chantait tous les chants révolutionnaires. On aurait dit des oiseaux dans une volière. Nous étions peut-être en cage, mais nous étions libres de chanter.
A Béthune, pendant la grève, et longtemps après, trop longtemps, on savait qu'il était huit heures, parce qu'à huit heures, à la prison, c'était l'extinction des feux, et dans toute la ville, on entendait venir de la prison, à huit heures, le chant des mineurs prisonniers. "

Extrait du documentaire " L'Honneur des Gueules Noires ".

En 1948, après 56 jours de grève, le gouvernement socialiste de Jules Moch mobilisa 60 000 CRS contre 15 000 grévistes.
En pleine " bataille de la production ", la grève n'est pas tolérable, même si les mineurs engagés dans le mouvement de 1948 sont souvent d'anciens Résistants, engagés en mai-juin 1941 dans la grève contre l'occupant nazi.
Parmi les chiens de garde de Jules Moch, un policier français qui, pendant la guerre, était venu arrêter des mineurs, est reconnu par une femme. Capturé par les mineurs, il est promené, sans pantalon, dans toute la cité minière.

2000 licenciements, 5 morts, des centaines de blessés...
Ce n'est qu'en mars 2011 que 17 d'entre eux obtiennent réparation, auprès de la Cour d'Appel de Versailles.
Ils obtiennent 30 000 euros de dommages-intérêts de la part des Charbonnages de France... qui se pourvoit en cassation pour ne pas avoir à payer une bien maigre compensation.

Comme le souligne un ancien mineur : " Combien Christine Lagarde a donné à Bernard Tapie ? 400 000 ? "
" Non, répond le journaliste face à lui, 45 millions... "


(Prison de Béthune)

Tag(s) : #Luttes, #Répression, #Grèves

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