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Elle s'appelait Sawtche.

Le 6 avril 1652, les Hollandais fondent la colonie du Cap de Bonne Espérance, simple comptoir de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales, à l'origine. C'est une base pour toutes les explorations de l'Afrique australe, et pour la colonisation, jusqu'aux territoires xhosas à près de 1000km au Nord. Peuplée par des Hollandais et des Huguenots, La colonie est définitivement cédée aux Britanniques en 1814.

Le calvaire du peuple Khoïkhoï, qui occupe la région depuis 1500 ans, commence.
Les Afrikaners les nomment bientôt Hottentots, à cause des claquements de langue caractéristiques de leur langue. Peu à peu réduits en esclavage, jusqu'à l'abolition en 1833, décimés par des épidémies de variole au XVIIIème siècle, ils sont aussi, comme les autres peuples colonisés, montrés dans les zoos humains des métropoles...

Comme Saartje Bartman, Petite Sarah, née en servitude en 1789, mariée et mère de deux enfants, enlevée à sa famille et à sa terre natale en 1810, vendue pour être montrée dans les foires par ses maîtres. L'affaire est rentable, si bien que Saartje est exposée en Hollande, puis en France, où on peut la voir et la toucher pour 3 francs, au seul profit d'un montreur d'animaux exotiques.
Puis elle devient un objet d'étude, achetée par le Museum d'Histoire Naturelle, où elle sert aux savants racistes, qui cherchent à justifier l'infériorité des peuples « sauvages »... bien qu'elle parlât trois langues à la perfection.

Réclamée par le peuple KhoiKhoi, qui en appelle à Nelson Mandela, en 1994, la dépouille de celle qu'on surnomme encore la Venus Hottentote fut enfin restituée à son peuple par la France en 2002.

Elle s'appelait Sawtche.

Tag(s) : #Afrique, #Colonisation, #Esclavage

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