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Au Chemin des Dames...

Le 16 avril 1917, le général Nivelle lance l'offensive au Chemin des Dames, entre Reims et Soissons.

Carnage !
Dans la boue, sous la neige, et sous une pluie ininterrompue d'obus, le plateau devient le tombeau de plus de 200 000 Français, et sans doute autant d'Allemands.

On se bat, dans ce paysage lunaire, pour reprendre quelques mètres de terrain, on se noie dans la boue, on finit au corps à corps à la baïonnette, au couteau, à la pelle... un bain de sang dont Nivelle est absous, malgré la commission d'enquête qui souligne ses erreurs, avant d'être muté à Alger.

Chair à canon de l'Empire Français, les tirailleurs sénégalais sont en première ligne de ce carnage. 5000 d'entre eux, soldats de la 10e division de l'infanterie coloniale, sont massacrés à Hurtebise. 45% d'entre eux périssent pendant l'ensemble de l'offensive.

Confiée à une commission secrète de l'Assemblée Nationale, l'évaluation du nombre exact des sacrifiés demeure incertaine. Officiellement, les combats cessent le 29 avril mais en réalité, ils se sont poursuivis jusque juin, pour reprendre en octobre sous les ordres du général Pétain.


Ceux qui, en revanche, tentent d'échapper à cet enfer, en désertant, ou en s'auto-mutilant, n'ont pas droit au pardon.
« A bas la guerre » est leur slogan.
Les mutineries touchent tous les régiments, français et britanniques.
La lassitude, le désespoir, l'incompréhension face à des ordres absurdes, s'expriment, enfin, après le bain de sang de Verdun et le carnage du Chemin des Dames.
L'influence des mutins russes, sur le front de l'Ouest qui, informés de la Révolution de Février, exigent leur rapatriement, destituent leurs officier, pour s'autogérer, est cruciale également. Leur mouvement est brisé par la force, et ce n'est qu'en 1919 que ces soldats russes, dont beaucoup sont passés par des camps disciplinaires en Algérie, rentrent en Russie.

Plus de 3500 condamnations sont prononcés par les tribunaux militaires, dans les rangs français, prison, travaux forcés, et la mort... Sur 554 condamnations, 49 sont exécutées.
Mais c'est aussi dans des assauts absurdes, dont l'issue est fatalement mortelle, qu'on se débarrasse des mutins.

Mais l'ouverture des archives, en 2017, lorsque la Grande Guerre apparaîtra comme un conflit lointain, presqu'anecdotique, au même titre que les guerres royales ou napoléoniennes, risquent de créer des surprises.

Un carnage qui préfigure la brutalité extrême des rapports sociaux et politiques de l'Entre-Deux-Guerres.
En réalité, aucun soldat n'est rentré indemne de cette guerre...

Tag(s) : #Guerres, #Mutineries

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