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" Demain il va pleuvoir du sang "

" Demain il va pleuvoir du sang "
" Va a llover sangre mañana "

Le 22 avril, Hernan Cortes débarque sur la plage de Chalchihuecan, qui deviendra Veracruz.

Cortez

Cortez n'a ni feu ni lieu, c'est un éclair froid,
un coeur mort sous l'armure.
" Les terres y sont fertiles, Majesté,
et dans les temples les mains de l'Indien
travaillent l'or à profusion. "

Et il s'avance, il poignarde, il malmène
les terres basses, les cordillères,
piaffeuses sierras des parfums,
il arrête ses hommes dans les orchidées,
les diadèmes de pins,
et il piétine les jasmins
jusqu'aux portes de Tlaxcala.

(Frère atterré, n'offre jamais
ton amitié au vautour rose :
Je te parle depuis la mousse
et les racines du royaume.
Demain, il va pleuvoir du sang
et les larmes serons capables
d'être brouillard, buée ou rivière
jusqu'à la fonte de tes yeux.)

Cortez reçoit une colombe,
il reçoit un faisan, une cithare
des mains des musiciens du prince,
mais il veut la chambre de l'or,
il veut plus encore, et tout tombe
dans les coffres de ces voraces.
Le Roi apparaît au balcons :
" C'est mon frère ", dit-il. Les pierres
du peuple volent et répondent.
Cortez affûte ses poignards
sur les baiser par lui trahis.

Il rentre à Tlaxcala, le vent a apporté
un sourd murmure de douleurs.

Pablo Neruda, Le Chant Général, Mexico, 1950.




Cortés

Cortés no tiene pueblo, es rayo frío,
corazón muerto en la armadura.
"Feraces tierras, mi Señor y Rey,
templos en que el oro, cuajado
está por manos del indio".

Ya avanza hundiendo puñales, golpeando
las tierras bajas, las piafantes
cordilleras de los perfumes,
parando su tropa entre orquídas
y coronaciones de pinos,
atropellando los jazmines,
hasta las puertas de Tlaxcala.

Hermano aterrado, no tomes
como amigo al buitre rosado.
desde el musgo te hablo, desde
las raíces de nuestro reino.
Va a llover sangre mañana,
las lágrimas serán capaces
de formar niebla, vapor, ríos,
hasta que derritas los ojos.

Cortés recibe una paloma,
recibe un faisán, una cítara
de los músicos del monarca,
pero quiere la cámara del oro,
quiere otro paso, y todo cae
en las arcas de los voraces.
El rey se asoma a los balcones:
<<Es mi hermano>>, dice. Las piedras
del pueblo vuelan contestando,
y Cortés afila puñales
sobre los besos traicionados.

Vuelve a Tlaxcala, el viento ha traído
un sordo rumor de dolores.

Pablo Neruda, Canto General, Mexico, 1950.

Tag(s) : #Amériques, #Colonisation, #Peuples !, #Poèmes !

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